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L'avenir: un défi de taille

2 Avril 2015, 15:08pm

Publié par Baiya

(pour consulter les billets du blog précédent cliquer sur le bouton ci-dessus)

C'est ce que semble suggérer le titre du journal d'hier, premier avril, date d'entrée des nouvelles recrues dans leurs entreprises ou autre lieux de travail.

Enfin, on ne mentionne pas la 'taille' du défi .... mais voilà, ce sera un challenge et il va falloir se battre.

L'avenir: un défi de taille

Immuable, comme chaque année ce jour-là, en première page, la photo de la cérémonie qui s'est tenue chez notre 'Dieu' Toyota; remarquez les visages de ces petits anges 'shin-jin' 新人, tous tournés vers un avenir radieux, plus que pour d'autres certainement, s'ils arrivent à tenir le coup.

Puissance de l'uniforme et de l'égalité des débuts, sur la photo ils ont entonnée en choeur l'hymne de la société. 1504 petits nouveaux, soit 248 de plus qu'en 2014. L'économie doit aller mieux.

 

L'avenir: un défi de taille

Ma deuxième fille, elle aussi est devenue une 'sha-kai-jin', autrement dit elle a fait son entrée dans la 'société' par le biais de la vie active.

Elle avait, en avril il y a un an,  obtenu une promesse d'emploi dans une entreprise qui a recruté cette année 219 jeunes gens et qui a 201 succursales réparties sur tout le territoire japonais.

En octobre 2014, le premier du mois pour être exact, il y avait eu la remise officielle (cérémonie) du certificat de promesse d'embauche dans les bureaux de Tokyo.

On fêtait ce jour-là, le 50ème anniversaire de l'ouverture de la ligne de Shinkansen Tokaidô.

JR distribuait à tous les voyageurs quelques souvenirs gratuits:

L'avenir: un défi de taille

L'entreprise c'est la nouvelle famille. J'ai reçu, en même temps que ma fille, son certificat, une lettre de l'entreprise qui me remerçiait d'avoir accepté de leur confier mon précieux rejeton, exprimant aussi leur satisfaction d'avoir pu recruter des candidats  certainement formidables!

L'avenir: un défi de taille

Si vous lisez le japonais, vous vous amuserez du vocabulaire fleuri et élogieusement poli.

mais surtout, regardez en haut à droite:
à la date: après le mois,  octobre, on lit; 'kichi-jitsu', 吉日, soit 'jour auspicieux', 'jour de bonheur, de félicité'.
...... on l'espère.

En ce moment, ma fille est partie au siège avec ses petits camarades pour un stage d'une semaine en immersion totale; départ de l'hôtel tous les matins à 6h30, 'bentô' trois fois par jour et entrainement intensif aux bonnes manières commerciales.

L'avenir: un défi de taille

Commenter cet article

Cécile 07/04/2015 10:37

Merci pour cet article.
Pour en avoir discuté un peu avec mon professeur de japonais, le monde de l'entreprise au Japon est vraiment très différent de ce que l'on connaît ici. Bien qu'en ce moment, on sent qu'il va encore y avoir du changement entre la "flexisécurité", les propositions de fin de CDI, le travail indépendant...
Je souhaite aussi bonne chance à ta fille car ça ne doit pas être évident toutes ces étapes de sélection. On sent aussi que c'est le collectif qui prime et je comprends que pour des jeunes gens ce ne soit pas simple de trouver sa place et que ça doit être stressant de réussir sont intégration (d'autant plus lorsque l'on sort du système scolaire).

Baiya 07/04/2015 13:32

Merci Cécile pour ce commentaire!

Il faut quand même dire que pour les Japonais qui ont suivi leur cursus scolaire au Japon, ils sont habitués à fonctionner dans le groupe et pour le groupe!

Finalement ma fille est revenue ravie de sa semaine de stage. Pendant ses années de secondaire elle faisait partie d'une équipe de volleyball assez performante et elle a l'habitude de ce genre d'atmosphère contraignante et assez autoritaire.

Son entreprise a aussi beaucoup de qualités car après de gros problèmes il y a une dizaine d'années ils ont décidé de revoir complètement leur stratégie commerciale et leur gestion des ressources humaines.
Il y a des horaires raisonnables, des périodes de vacances strictement respectées, des possibilités pour les femmes qui ont des enfants de continuer leurs carrières avec des horaires aménagés. Bref, c'est une entreprise importante au niveau national et ils sont décidés à aller avec la tendance qui est encouragée par le gouvernement actuel de mettre en place des conditions de travail attrayantes pour les femmes, même si le nombre de salariés hommes est encore infiniment supérieur à celui des femmes.
Au Japon les universités et le monde de l'entreprise travaillent main dans la main ce qui est complètement différent de la France; peut-être plus proche des grandes écoles française, de la sélection à l'entrée à l'université au 'placement' en entreprise.
L'emploi est encore considéré comme potentiellement 'à vie', ce qui fait que les entreprises sont prêtes à beaucoup investir dans les nouveaux arrivants et la formation est assurée par l'entreprise.
La différence au niveau de l'entrée dans l'entreprise se fait en fonction du nom de l'université, les entreprises les plus prestigieuses recrutant parmi les universités les plus prestigieuses.
Les Japonais sont habitués à partir de leurs premiers concours d'entrée dans une école à penser que c'est normal d'être ainsi sélectionné. L'essentiel pour eux c'est de travailler. Il n'y pas de métier qui soit dévalorisé au Japon.

Mab 06/04/2015 15:41

Ok, merci pour ces explications ! Ils ont de la chance, les étudiants japonais, même si ce système a certainement ses défauts et ses failles....moi qui ai été diplômée en septembre 2013, j'alterne depuis les cdd et les périodes de chômage, et je sais que j'ai très peu de chance de trouver un emploi stable dans mon domaine avant un an ou deux (je suis archiviste-documentaliste) Donc j'aurais bien aimé avoir un emploi presque clé en main dès la sortie de la fac ! En tout cas, j'espère que tout se passera bien pour ta fille :)

Mab 03/04/2015 18:28

Et bien, ça ne rigole pas ! Mais j'ai du mal à comprendre cette histoire de promesse d'emploi, elle est donnée à la sortie de l'université et ça se concrétise un an plus tard, ou bien....?

Baiya 03/04/2015 20:25

malgré le roman que je viens d'écrire je me rends compte que la réponse la plus claire est la suivante:

on passe directement de la fac à l'entreprise; donc on obtient la promesse d'embauche en dernière année de fac avant d'avoir son diplôme; de façon à ce qu'il n'y ait pas de 'trou' dans le parcours. L'entreprise se charge de former ses nouveaux employés.
Alors quelquefois, il y a des gens à qui il manque un crédit d'enseignement et qui ne peuvent pas obtenir leur diplômes dans les temps....ils perdent du même coup l'emploi qui leur était promis. Mais c'est excessivement rare parceque la plupart des étudiants qui ont travaillé normalement ont obtenu presque tous leurs crédits en fin de troisième année.

Baiya 03/04/2015 19:35

Bonjour Mab!
le système est très différent de celui qui existe en France.
un cursus universitaire de base se fait typiquement sur 4 ans, sauf si tu redoubles ou que tu as fait un séjour à l'étranger dans le cadre de tes études; il faut 8 semestres de présence à la fac et en général obtenir en tout environ 120 'crédits'.
Jusqu'à cette année, les étudiants commencaient à s'inscrire sur les plates-formes de recherche d'emplois en décembre de leur troisième année (l'année va d'avril à mars) . A partir de cette année (2015), les étudiants feront cette inscription en avril de la quatrième année. C'est réglementé ainsi.
Donc tu t'inscris sur un site qui regroupe toutes les offres d'emplois des entreprises, offres triées par secteurs d'activités. Il s'agit exclusivement de la recherche d'emploi en tant que 'nouveau diplômé'; si tu as déjà travaillé, ce sont d'autres sites.
Tu postules et tu fais tout en ligne, y compris les premiers tests d'aptitude et de connaissances diverses.
Si tu passes ces premires barrages, tu seras convié au premier entretien d'embauche et en fonction de l'importance de l'entreprise tu as un ou plusieurs (quelquefois jusqu'à 7-8) entretiens au fil desquels on écrème.
Donc pour revenir à l'emploi du temps:
inscription en décembre de la troisième année, premiers entretiens en janvier toujours de la troisième année pour certains secteurs d'activité (toutes les entreprises du même secteur mettent leurs ofres en ligne au même moment et ça s'échelonne ssur quelques mois) et le premier lot d'étudiants aura vers mars-avril une réponse positive. Si l'entreprise n'a pas obtenu son contingent, elle recommence pour une deuxième fournée qui sera sélectionnée vers juin-juillet et pour les tous derniers ça peut aller pratiquement jusqu'à la fin de la quatrième année.
Autrement dit, si tu as de la chance et si tu as bien sélectionné l'entreprise dans laquelle tu as le plus de chance de trouver un emploi, tu commences ta quatrième année de fac en ayant fait pas mal de boulot de recherche de travail . Tu as quelquefois déjà une promesse verbale et non officielle (par mail par exemple) que tu vas être employé.D'ici la fin du premier semestre de quatrième année on doit être fixé, sinon c'est un peu difficile....
En octobre de la quatrième année, le 1 ou le 2, c'est la remise officielle de la promesse d'embauche avec cérémonie etc....après ça, on est lié à l'employeur, même s'il y a toujours des gens qui changent d'avis ou qui trouvent autre chose.
Dans le cas de ma fille, à partir de cette période, elle allait une fois par mois environ dans la boîte qui allait l'employer pour se familiariser un peu avec le groupe de futurs collègues, encore étudiants comme elle; ils se rencontraient aussi régulièrement.
Puis en décembre et janvier, l'entreprise leur a envoyé une série de devoirs à faire à la maison, qui ont été notés et sur les résultats desquels l'entreprise s'est basée pour choisir l'affectation de chacun dans ses différentes succursales.
En mars elle a dû remplir les papiers administratifs et le 31 elle est partie pour assister le 1er avril à la cérémonie d'entrée dans l'entreprise.

Voilà, j'espère que c'est plus clair. Avec ce système il y avait un gros problème; les étudiants de troisième année passaient plus de temps à chercher un emploi qu'à assister aux cours du deuxième semestre. C'est facile d'obtenir les 120 u.v. en trois ans donc la quatrième année est plus ou moins libre. Le gouvernement a donc décidé que les étudiants concentreraient leur recherche de travail en quatrième année maintenant. Mais ça va être vraiment dur pour eux, même si la situation économique est apparemment meilleure.