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Hommes- Femmes: de quel éclat l'égalité brillera-t-elle?

12 Avril 2015, 21:51pm

Publié par Baiya

(pour consulter les billets du blog précédent cliquer sur le bouton ci-dessus)

Au début du mois, je vous parlais un peu de l'entrée dans la vie active d'une de mes filles.

Malgré ses inquiétudes tout semble bien se passer et dans un prochain billet je vous en dirai plus certainement.

Au Japon, elle a un travail qualifié de 'sôgô-shoku': c'est le terme qui définit le personnel destiné à faire carrière dans l'entreprise, éventuellement à occuper des postes à responsabilités. Une autre caractéristique de ce groupe d'employés est de bénéficier de CDI; on compte dans ces emplois 11,6% de femmes et 88,4% d'hommes.

On les oppose en général au 'ippan-shoku', qui sont des carrières également en CDI mais de fait souvent écourtées, occupées essentiellement par des femmes qui quittent leurs postes avant la trentaine, quelquefois par  des hommes également: on y trouve 86% de femmes et 14% d'hommes (chiffres de 2011).

Les employés du groupe 'ippan-shoku' ont des emplois de 'soutien' ou d'assistance à ceux du groupe des 'sôgô-shoku'.

Parallèlement à ces emplois 'permanents', environ 38% de la masse salariale, hommes et femmes confondus, est employée dans des emplois en  CDD, intérim et à temps partiel.

Pour complèter ces informations il faut savoir qu'en 2014, seules 43,3% des femmes qui travaillaient bénéficiaient d'un CDI et que 48% des femmes seulement ont une forme d'emploi.

 

Cette réalité des chiffres qui semble nettement pointer vers une différenciation sexiste dans le recrutement et les pratiques de travail reflète un certain état encore très actuel de la société japonaise, dans laquelle, traditionnellement, les hommes occupaient les postes à responsabilité et les femmes leur servaient de support dans toutes les tâches annexes. Une société dans laquelle les femmes étaient destinées à se marier et à se contenter des tâches domestiques.

Il y a un terme très cruel, lancé par un professeur à l'université de Tokyo, SECHIYAMA Kaku, spécialiste des questions de genres,  pour désigner ces couples mariés qui n'ont aucune raison d'être ensemble que de former une sorte d'entreprise dont le but serait seulement d'élever des enfants, sans avoir d'autre satisfaction, même pas celle d'une vie sexuelle et amoureuse pleine et heureuse; il parle du 'mari ATM' (distributeur de billets) et de 'l'épouse, femme de ménage', mais c'est une autre histoire.

 

Bannière pour la campagne d'action positive sur le site du ministère du travail

Bannière pour la campagne d'action positive sur le site du ministère du travail

POURTANT, depuis 30 ans il y a une loi qui devait modifier cet état des choses et favoriser plus d'égalité entre les hommes et les femmes:

la loi d'égalité des sexes devant le travail, entrée en application au 1er janvier 1986.

Dans un encart à son édition dominicale, notre journal Chunichi ne pouvait faire que le triste constat que cette loi, loin d'avoir améliorer la situation des femmes, semblait au contraire l'avoir précarisée; .

Il y a eu des opérations linguistiques enlevant les caractères chinois (kanji) ouvertement 'féminin'  dans le terme de 'puéricultrice' modifié en 'personne chargée des soins aux enfants' ou 'infirmière' en 'chargé de soins'; mais quel pourcentage d'hommes dans ces professions???? si j'ai déjà rencontré des enseignants de maternelle hommes, je n'ai encore jamais vu d'infirmier .

Les entreprises ne peuvent plus mettre dans leurs annonces de recrutement qu'elles ne recherchent que des garçons pour les 'sôgô-shoku' et que des filles pour les 'ippan-shoku'. Mais il y a toutes sortes de manières cachées de discriminer à l'emploi aussi bien en direction des garçons que des filles d'ailleurs si on veut être absolument impartial, car par exemple dans beaucoup d'administrations, et à travail équivalent, les filles doivent porter un uniforme; ainsi dans beaucoup de banques....ou dans ma mairie dont les employées femmes portent une blouse mais pas les hommes.

La réalité des chiffres énoncés plus haut est criante:  un plus grand nombre de femmes travaillent, oui, mais dans le même temps le nombre d'emplois précaires s'est multiplié, permettant aux entreprises de se donner une bonne conscience tout è fait cosmétique.

Le gouvernement actuel a donc décidé de lancer des initiatives pour atteindre un objectif de 30% de femmes ayant des postes de responsabilités, de direction, d'ici 2020.

En 2013  ce chiffre  était de  11,2% .

Il y a des lois contre le harcèlement sexuel qui sont de mieux en mieux appliquées ainsi que des mesures pour lutter contre ce que l'on appelle le 'harcèlement à la maternité' c'est à dire les mesures vexatoires ou d'intimidation qui sont un frein à la poursuite d'une vie de femme et de mère tout en continuant à travailler.

Tout cela oeuvre au grand projet de la commission spécialement créée en 2014 pour:

la mise sur pied 'd'une société dans laquelle TOUTES LES FEMMES PEUVENT BRILLER' .

le 15 octobre 2014

le 15 octobre 2014

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